Je vais scier en direct la branche sur laquelle je suis assis, mais tant pis. Voilà. Comment dire…

En regardant comment je bosse, et comment semblent bosser mes collègues qui sont sur des problématiques similaires de bibliothèques numériques et autre web 2.0, j’ai l’impression que je/nous travaille/travaillons surtout par bricolages successifs.

Et c’est normal : si je me penche sur mon parcours, et/ou sur celui de mes camarades de Flora Tristan, par exemple, qu’est-ce que je vois ? Pas un informaticien, un pur, un dur, pas un… En grande majorité (et PK est l’exception qui confirme la règle) des littéraires, des philosophes, des historiens et autres doux rêveurs… (la réforme du concours de Conservateur ne risquand pas d’ailleurs d’arranger les choses…)

Or tout de même, au quotidien, je vois bien que je suis bridé, dans mes explorations, par mes lacunes dans le domaine informatique. Là où je vais passer trois heures à bidouiller le soir sur un morceau de code, un pro, j’entends, un développeur, ne mettrait sans doute pas plus d’un quart d’heure pour faire le même travail.

D’où il ressort ceci : si les bibliothèques numériques sont notre avenir, alors il faut absolument intégrer, dans les équipes qui gèrent et font évoluer ces services, de vrais informaticiens, de vrais développeurs, qui travailleraient avec nous sur ces outils et nous aideraient à aller plus vite, plus loin, plus fort. Bien entendu, la majeure partie des équipes à venir doit être composée de bibliothécaires (c’était la minute de corporatisme) mais vraiment, il nous faut des geeks, des vrais, des diplômés, barbus, avec de la pizza collée sur le tee-shirt…

Et ces geeks ne doivent pas être vaguement détachés du CRI, ou externalisés sur tel ou tel projet, non : je pense qu’ils doivent faire corps avec l’équipe “bibliothèque numérique”, pour que notre culture professionnelle les imprègne ; pour qu’ils deviennent (mais pas trop parce que ça craint) un peu bibliothécaires, eux aussi (les veinards…) ; et que dans le même temps leurs compétences nous servent afin que nous sortions enfin du bricolage…