You are currently browsing the monthly archive for août, 2007.

On connaît Zotero
Urfist Info nous signale l’existence de plugins OpenOffice/NeoOffice qui permettent de gérer les références bibliographiques de Zotéro depuis son traitement de texte favori…
On teste, on trouve ça super bien fait, et on se demande aussitôt : mais plutôt que de payer des licences EndNotes ou Refworks, pourquoi ne pas mettre nos forces dans la diffusion, vers nos usagers, de cet outil ?…

« Je ne suis rien, je le sais,
mais je compose mon rien
avec un petit morceau de tout. »

Victor Hugo, Le Rhin
(exergue du dernier roman de Philippe Claudel, Le rapport de Bodeck)

Malgré les quolibets rubéfiants de certains de mes camarades (oui, oui XG je t’ai vu dire du mal de moi chez PK), je persiste à penser que l’e-book a un avenir, parce que l’e-reader est un outil qui semble enfin opérationnel et utilisable. Certes, l’offre e-books existante est encore principalement en langue anglaise. Certes, les habitudes de lecture ne sont pas encore totalement habituelles… Mais j’ai l’intime conviction que l’e-book sera bientôt un support quotidien et banal.
Du coup, je me demande si, à côté de la future offre e-books, nous ne devons pas penser à prévoir du prêt d’ e-readers dans nos bibliothèques :

  • les ordinateurs portables ne sont pas les outils les plus adéquats, à mon sens, pour lire un e-book
  • les e-readers demeurent et resteront sans doute encore coûteux un moment
  • il participe de nos missions de faciliter l’accès à ces ressources nouvelles.

Reste à voir comment nous allons faire pour proposer ce service (au lieu de laisser le champ libre aux marchands du temple)

(après lecture du récent article de Marielle de Miribel dans le BBF n°4, 2007 ; une conversation - bruyante - entre votre serviteur, mon CDVA et « Marie de Tours » ; et ceci, entendu un week-end à la plutôt sympathique BM d’Angers : la bibliothécaire présente à la banque d’accueil, pleine de bonne volonté, se penche sur un petit garçon en train de rire comme une baleine et lui assène : « Ici c’est une bibliothèque, il ne faut pas y faire de bruit parce que des gens y travaillent ! »…)

Concernant la question du bruit dans nos bibliothèques, quelques questions/notes perso en vrac :

  • Quelle est la vision que les bibliothécaires ont de la bibliothèque et de ses publics ? Est-ce que cette vision correspond réellement à ce que sont les publics (universitaires) aujourd’hui ? Une bibliothèque que nous, bibliothécaires, trouvons bruyante, est-elle vécue comme telle par les étudiants qui la fréquentent ? Sommes-nous réellement en phase avec nos usagers et/ou avec la vie telle qu’elle est, et non pas telle que nous la rêvons ou la regrettons (ah l’âge d’or…) ? Le travail n’est-il pas parfois/souvent bruyant ?
  • Si la bibliothèque, même universitaire, est devenue/doit devenir aujourd’hui d’abord un lieu social (ce que je ne suis pas loin de penser), alors nous ne pourrons pas en faire sortir le bruit, parce que ce bruit-là est le bruit de la vie, la vraie.
  • Dit autrement et de manière un peu provocatrice : ouvrons les bibliothèques au bruit, elles revivront…

(Bien entendu, je ne prêche pas pour que les dispositifs techniques présentés par Marielle de Miribel ne soient pas mis en oeuvre, et pense au contraire qu’ils – ces dispositifs – doivent être déployés le plus souvent possible . Je ne pense pas non plus que nos bibliothèques doivent devenir des pétaudières partout et tout le temps. Je pose juste la question des représentations du monde que véhicule la vision que nous, bibliothécaires, pouvons avoir du bruit).

Candide : Pourquoi est-ce que vous me demandez sans cesse de ne pas faire de bruit alors que vous faites un barouf d’enfer avec vos chariots chargés de livres ?

Le conservateur : Parce que le bruit qui suit le bruit du bibliothécaire est encore un bruit de bibliothécaire !

Candide : …

” Me réduire à force de chiens “

Jean-Loup Trassard, L’érosion intérieure

Dans le prolongement des réflexions et tests en cours chez PK, je viens de tomber (c’est le mot, la partie Blogs de Thunderbird débordait) sur cet article paru dans D-Lib de mai/juin 2007. Les auteurs y exposent la manière dont leur institution (University of Washington Libraries) a mis en place des liens systématiques entre Wikipédia et les collections numériques des bibliothèques de l’université.
Plus intéressant, l’article montre de quelle manière, et dans quelle proportion, la création de ces liens génère une visible augmentation du trafic depuis Wikipédia, vers la bibliothèque (je traduis : comment le fait de créer des liens dans Wikipédia rend votre bibliothèque plus visible…)
“Accessoirement”, précisons que l’idée de mettre en place ces liens systématiques est née ici du constat que les étudiants débutent très largement leurs recherches en-dehors des outils de la bibliothèques. J’aime assez cette idée de “projeter” nos ressources là où est l’usager, surtout quand il n’est pas chez nous…

Candide ratissant : Tiens, la bibliothèque rouvre bientôt ses portes. Je vais retourner voir mon cher Conservateur.

La terre du jardin : Fais lui mes amitiés. Et avant de partir, gratte-moi plus haut, vers la gauche.

Candide : Mais depuis quand est-ce que la terre parle ?!

La terre du jardin : …

Choc… Une oeuvre de Christian Boltanski : “L’impossible vie de C.B.”, 2001, salle 14, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou

Suite à des circonstances indépendantes de ma volonté, comme disait Denise Fabre, j’ai passé plusieurs journées d’août dans ma BU vide du fait de la fermeture estivale. Je conseille à tout le monde de faire ce test, passer une journée d’été dans une bibliothèque totalement vide : c’est une expérience quasi mystique…
Tout cet espace inutilisé m’a frappé. Que pourrions-nous en faire ? Est-il « logique » de laisser vide de telles surfaces ? Alors je propose, en vrac :

  • d’ouvrir les bibliothèques vides aux centres aérés, les enfants vont adorer
  • d’ouvrir les bibliothèques vides aux maisons de retraite, les vieux vont adorer
  • d’appliquer les deux propositions qui précèdent en même temps, tout le monde va adorer
  • d’organiser des stages zazen dans nos murs
  • de se servir de ces endroits pleins de recoins pour de grands combats de paint-balls (les bibliothécaires ne vont pas adorer…)
  • de ne jamais fermer nos bibliothèques, non plus que nos universités ;-)

” Et voici froissant les orties
genoux en feu sarraus troués
les mots revenus de l’enfance. “

Jean-Vincent Verdonnet, Fugitif éclat de l’être

Excellent à écouter en ligne, pour ceusses qui aiment la Pop Indé : c’est le flux Indies de SomaFM en direct des States, oh yeah.

Pour écouter ça avec AmaroK, le iTunes libre et gratuit tournant sous GNU/Linux qui fait mieux que les machins propriétaires (dans AmaroK, on a même en direct l’article Wikipédia correspondant à l’artiste que l’on écoute, et les paroles de la chanson, pour chanter avec son idole), il suffit de créer un nouveau “Flux Radio” et de coller cette adresse dedans. Pour les autres, débrouillez-vous, non mais !

J’ai déjà effleuré le sujet ici même, j’y reviens : je trouve nos interfaces incompréhensibles, tant pour ce qui concerne l’interrogation que pour ce qui concerne l’affichage des résultats.

Le pire, il me semble, c’est les @-ressources : les interfaces sont mochissimes (AtoZ, beurkkkk) et je me demande comment, vraiment, l’usager lambda peut s’y retrouver. AtoZ, c’est le dégât des eaux des @-ressources : on commence par repérer une petite cloque au plafond, on tapote du doigt et 245000 litres d’eau nous tombent dessus d’un seul coup.

Dans le même ordre d’idée, interroger un OPAC est “un peu” moins facile que d’interroger Google : il y a des options (”auteur”, “titre”, etc…), toutes ces cases à cocher font peur, et on ne trouve pas toujours quelque chose (il ne se passe souvent rien si le terme utilisé comporte une faute alors que le père Google fait toujours une proposition).

Il faut que nous réagissions… J’y réfléchis en tâche de fond… Le clustering type Exalead me semble une bonne idée pour les réponses. Pour nous, on peut supposer aussi qu’il y aurait derrière un moteur de recherche fédérée.

Mais peut-être qu’il faudrait partir sur des interfaces beaucoup plus graphiques, qui permettraient de “fureter” dans les rayons, qui feraient apparaître un article comme une liasse de feuillets, une monographie comme un gros pavé bien lourd, etc… J’ai des trucs dans la tête (des choses tournantes, je ne sais pas quoi), mais rien de formalisé. Il faudra que je tente de gribouiller quelque chose un jour.

” La lueur que je diffusais s’est éteinte maintenant. Je continue, je descends la pente argileuse et tout m’est familier car dans l’obscurité il n’est pas de limite à l’espace intérieur. C’est en moi que je marche, je ne m’y perdrai pas.”

Jean-Loup Trassard, L’érosion intérieure

(Non, ce billet n’est pas zoophilo-pornographique)

Je voulais juste attirer l’attention sur une distribution GNU/Linux, elive en l’occurence, dont une version live spéciale MacBook vient de sortir (mais la version PC existe aussi). Il suffit de télécharger l’iso, de la graver, de booter dessus (touche C au redémarrage) et voilà (1) : votre MacBook tourne en live sous une très belle GNU/Linux qu’en plus, vous pouvez installer en dur sur le disque pour avoir un dual-boot.

Pourquoi je raconte ça : parce que j’aime beaucoup le MacBook (l’objet, s’entend), que je squatte tout le temps celui de Madame, mais que j’étais un peu ennuyé de ne voir aucune distribution GNU/Linux vraiment optimisée pour lui. C’est chose faite. Mon prochain portable sera un MacBook si je retrouve ma tire-lire.

PS : GNU/Linux c’est bon, mangez-en

(1) : en français dans le texte 

Pour fêter dignement les dix ans de l’album “OK Computer” de Radiohead, le site Stereogum a demandé à des artistes de ré-enregistrer/ré-interpréter l’album.

Le magnifique résultat s’écoute .

okx_cover_high_res.jpg

Message personnel : Oui, je sais PK, mon blog part dans tous les sens, mais comme tu n’es pas là pour me remonter les bretelles, je profite !!

Candide : A quand une bibliothèque sous les arbres ? Sans murs, avec les seules branches pour toit ?…

La terre du jardin : …

Bon, c’est pas le tout d’avoir eu une vague idée, mais concrètement, comment est-ce que l’on peut faire ?
Ben par exemple comme cela :

  • Créer un compte “générique” sur Jamendo, du genre BM_Ville_de_Bidule (ledit compte pouvant être partagé par plusieurs bibliothécaires/discothécaires)
  • Ecouter (bon, ça vous savez faire, mais pensez à déboucher les cages à miel)
  • Sélectionner les albums les plus intéressants (l’interface de Jamendo est un modèle du genre, il suffit de laisser traîner la souris sur la pochette de l’album. Ce qui nous intéresse ici, c’est l’option “Coup de coeur“qui permet d’ajouter ledit album dans la liste de ses favoris)

Voilà, la sélection est faite. Il ne reste plus qu’à la diffuser largement auprès des usagers :

  • Choisir un widget dans ceux que propose Jamendo
  • lorsque l’on a un compte (gratuit !)

  • L’insérer dans le site de la bibliothèque (c’est une toute petite ligne de code, rien de bien méchant)
  • Communiquer auprès des usagers sur ce nouveau service

Le tout, techniquement parlant, va prendre environ sept minutes… Allez, huit !

Les problèmes non résolus sont ceux qu’évoque XG en commentaire de mon premier billet (cf. la vague idée plus haut) :

  • Trouver un moyen de rémunérer les artistes (là, franchement, je n’ai pas la moindre idée de la manière dont l’on peut s’y prendre. Si quelqu’un a trouvé, qu’il lève le doigt.)
  • Justifier auprès des élus ce nouveau service (un argument : ça ne coûte pas grand chose tant que l’on ne règle pas la question ci-dessus, à part en temps de bibliothécaire…)

PS : ah, une main se lève dans le fond, oui ? Pourquoi je n’ai pas encore mis ce service en place dans ma BU ??… Euh… Et bien j’attends d’en parler de vive voix avec mon CDVA (il faut que je demande une audience, ça ne se fait pas comme cela, nous ne sommes pas dans une pétaudière.)

Candide : Et si j’ouvrais dans ma bonne ville une petite échoppe pour y vendre de vieux bouquins, de vieux papiers…

La terre du jardin : Trop tard…

dsc00006.jpg

De retour pour quelques jours en Lorraine, ma terre d’origine, celle qui parle dedans en moi, je me retrouve au verger, à cueillir les mirabelles. Que dire ? Je redécouvre le geste si particulier de faucher d’abord l’herbe, autour de l’arbre, à la faux à main, à l’ancienne. Je redécouvre ce geste fait par mon père avant moi, et le père de mon père, ce geste je retrouve presque naturellement : ce balancement de tout le corps de droite à gauche, ce bruit que fait la faux quand elle attaque l’herbe, cette fatigue qui s’installe peu à peu dans les épaules.
Après, une fois que l’aire est prête, débarrassée de ses hautes herbes, il faut installer tout autour du tronc une bâche, un drap, qui permettront que la récolte se fassent plus vite.
Ensuite, le plus téméraire (moi en l’occurrence ce jour-là, c’est dire l’état des troupes), monte dans le mirabellier, saisit les branches maîtresses à pleines mains, les secoue tout ce qu’il peut afin de déclencher une pluie de fruits dorés, mûrs, juteux.
Dessous les rameaux agités, les petites mains déjà recueillent les morceaux de l’averse. Là-haut le ciel est bleu. L’arbre chuchote. Le temps n’a nulle prise sur tout cela.

(on lira avec profit Jacques Réda, ALLER AUX MIRABELLES [1991] , 140 pages sous couv. ill., 120 x 205 mm. Collection L’un et l’autre, Gallimard -memo. ISBN 207072333X. 14,33 €)

Ce petit « témoignage » est dédié à la mémoire de mon père, qui me manque chaque jour un peu plus

Candide : Et les livres qui personne ne lit, dans les bibliothèques, qui va les lire ?…

La terre du jardin : …

D'oùkiviennent ?